Deux seuils, pas un : le plafond de la micro n'est pas le seuil de TVA
Le plafond du régime micro et le seuil de franchise de TVA sont deux choses différentes, gérées par deux administrations, sans aucun effet l'une sur l'autre. C'est la distinction la plus mal comprise de tout le statut micro, et c'est celle qui coûte le plus cher quand on la rate.
Le premier seuil décide de votre régime. Tant que vous restez sous le plafond micro, vous gardez la micro-entreprise, son abattement forfaitaire et ses cotisations calculées sur le chiffre d'affaires. Le second seuil décide de votre TVA. Sous le seuil de franchise, vous ne facturez pas la TVA à vos clients et vous ne la récupérez pas sur vos achats. Au-dessus, vous devenez redevable : vous facturez, vous déclarez, vous reversez, et vous récupérez celle de vos dépenses.
Le tableau suivant sépare les deux noir sur blanc.
| Plafond du régime micro | Seuil de franchise de TVA | |
|---|---|---|
| Ce qu'il déclenche | sortie de la micro vers le régime réel | facturation et reversement de la TVA |
| Niveau (marchandises) | 203 100 € | 85 000 €, puis 93 500 € majoré |
| Niveau (services) | 83 600 € | 37 500 €, puis 41 250 € majoré |
| Qui gère | régime fiscal et social du micro-entrepreneur | TVA |
| Effet sur l'autre seuil | aucun | aucun |
Le point à retenir tient en une phrase : dépasser le seuil de TVA ne vous fait pas sortir de la micro. Vous restez micro-entrepreneur, vous ajoutez simplement la TVA par-dessus. Les deux seuils vivent leur vie chacun de leur côté.
Les montants exacts pour 2026 (et ceux qui sont périmés)
Les plafonds de la micro-entreprise ont été revalorisés pour 2026, et valent pour 2026, 2027 et 2028. Ils sont plus élevés que les chiffres qui circulent encore partout sur le web.
| Activité | Plafond micro 2026 | Seuil franchise TVA (base / majoré) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises, achat-revente | 203 100 € | 85 000 € / 93 500 € |
| Prestations de services, professions libérales | 83 600 € | 37 500 € / 41 250 € |
| Activité mixte (vente + service) | 203 100 € au total | selon la nature de chaque recette |
Point de vigilance : les chiffres faux du web. Si vous lisez un article qui annonce un plafond micro de 188 700 €, il n'est pas à jour : c'est l'ancien plafond, valable jusqu'en 2025. Même méfiance pour les seuils de franchise à 91 900 € ou 101 000 €, qui traînent encore sur des pages non datées. En matière de seuils, une source non datée est une source à écarter.
On peut rester en micro tout en facturant la TVA
Oui, on peut être micro-entrepreneur et redevable de la TVA en même temps. C'est même une situation très courante, et elle n'a rien d'anormal.
La micro-entreprise est un régime fiscal et social : abattement forfaitaire, cotisations sur le chiffre d'affaires encaissé, comptabilité allégée. La franchise en base est un régime de TVA. Quand votre chiffre d'affaires franchit le seuil de franchise mais reste sous le plafond micro, vous devenez ce qu'on appelle un micro-entrepreneur redevable de la TVA : vous gardez tous les avantages de la micro, et vous facturez la TVA en plus.
Concrètement, vous continuez à déclarer votre chiffre d'affaires à l'URSSAF comme avant, vous gardez votre abattement de 71 % en marchandises. La seule chose qui change, c'est que vous obtenez un numéro de TVA, vous ajoutez la TVA sur vos factures, et vous la déclarez à l'administration fiscale. Le statut ne bouge pas.
Ce qui se passe quand vous dépassez : seuil de base contre seuil majoré
Le seuil de franchise de TVA a deux niveaux, et ils ne déclenchent pas la TVA au même moment. Confondre les deux, c'est se croire tranquille jusqu'au 1er janvier alors que la TVA est déjà due.
Voici la règle, niveau par niveau, pour la vente de marchandises :
- Seuil de base (85 000 €). Si vous le dépassez une année, vous restez en franchise jusqu'à la fin de l'année, mais vous perdez la franchise à partir du 1er janvier suivant.
- Seuil majoré (93 500 €). Si vous le franchissez en cours d'année, la TVA s'applique dès le premier jour du mois de dépassement. Pas l'année suivante, tout de suite. Et toutes les ventes de ce mois-là sont concernées, y compris celles déjà facturées avant d'atteindre le seuil.
C'est ce seuil majoré qui surprend le plus. Prenons Marc, qui vend des accessoires de cuisine sur Amazon, en micro et en franchise. Son chiffre d'affaires cumulé grimpe : 48 000 € en juin, 71 000 € en septembre, 89 000 € le 12 novembre, puis 95 000 € le 24 novembre. À 89 000 €, il a dépassé le seuil de base, ce qui à lui seul ne lui ferait perdre la franchise qu'au 1er janvier. Mais le 24 novembre, à 95 000 €, il franchit le seuil majoré. La règle change : la TVA est due sur tout le mois de novembre, dès le 1er. Les ventes encaissées du 1er au 24, facturées sans TVA, doivent être régularisées. S'il ne réagit pas, Marc devra sortir cette TVA de sa propre marge, sans avoir pu la refacturer à ses acheteurs.
Point de vigilance : le seuil majoré ne laisse aucun délai. Le vrai danger n'est pas de franchir un seuil, c'est de le découvrir trop tard. Un vendeur qui repère son dépassement en février, en préparant sa déclaration, a déjà deux mois de ventes à régulariser de sa poche. Sur un mois de fêtes à forte activité, l'addition se chiffre vite en milliers d'euros.
L'année de création : le chiffre d'affaires est proratisé
La première année d'activité, votre chiffre d'affaires est annualisé pour apprécier le maintien de la franchise l'année suivante. Cette règle piège les vendeurs qui démarrent en cours d'année.
Si vous lancez votre activité le 1er juillet et réalisez 45 000 € de juillet à décembre, votre chiffre d'affaires annualisé ressort à environ 90 000 €, au-dessus du seuil de base de 85 000 €. Résultat : vous perdez la franchise l'année suivante, même si vos 45 000 € encaissés sont, en valeur brute, bien en dessous du seuil. Ce prorata ne s'applique pas au seuil majoré, qui se juge sur le chiffre d'affaires réellement réalisé.
Pour un vendeur de produits, c'est le seuil de TVA qui tombe en premier
Un vendeur de marchandises atteint presque toujours le seuil de TVA (85 000 €) bien avant le plafond micro (203 100 €). L'écart entre les deux est énorme, et il change complètement ce que vous devez surveiller.
Beaucoup de vendeurs concentrent leur attention sur le plafond de la micro, en se disant qu'ils ont de la marge. C'est vrai pour le statut : 203 100 €, c'est un niveau qu'on atteint quand l'activité tourne déjà très bien. Mais la TVA, elle, se déclenche à 85 000 €, soit moins de la moitié. Pour un marchand Amazon ou une boutique en ligne qui monte en puissance, le premier mur, c'est toujours la TVA. C'est donc lui qu'il faut regarder en priorité, pas le plafond micro.
Camille, qui tient une boutique en ligne de marchandises sur son propre site, en fait l'expérience chaque fin d'année. Son chiffre d'affaires cumulé atteint 87 000 € en novembre, et décembre est son meilleur mois. Le risque : franchir le seuil majoré de 93 500 € en plein pic de fêtes, et basculer à la TVA sur tout le mois de décembre sans l'avoir anticipé.
Passer à la TVA est souvent un avantage, pas une punition
Pour un vendeur de produits physiques qui achète du stock et importe, passer à la TVA est fréquemment un gain, pas une contrainte. C'est l'intuition inverse de ce que répète le web, et c'est pourtant la réalité comptable.
Tant que vous êtes en franchise, vous ne facturez pas de TVA à vos clients, mais vous payez la TVA sur tout ce que vous achetez, sans jamais pouvoir la récupérer :
- la TVA sur vos achats de stock, chez un fournisseur français ou européen ;
- la TVA d'importation que vous réglez sur vos arrivages hors Union européenne ;
- la TVA sur vos frais : commissions Amazon, publicité, logiciels, expédition, expert-comptable.
En franchise, toute cette TVA est un coût sec qui gonfle votre prix de revient. Dès que vous passez au régime réel, elle devient déductible : vous la récupérez. C'est mécaniquement de la marge regagnée.
Regardons Sofiane, marchand d'accessoires importés en FBA, avec 120 000 € de chiffre d'affaires. Sa structure de coûts (stock, commissions Amazon, frais logistiques, publicité) laisse un bénéfice réel d'environ 20 400 €. En micro, l'abattement de 71 % fixe pourtant son bénéfice imposable à 34 800 € : il paie de l'impôt sur près de 14 400 € de profit qu'il n'a jamais gagnés. Et sur ses 48 000 € de stock, la TVA d'import de 9 600 € est perdue tant qu'il reste en franchise. Au réel, ces 9 600 € reviennent dans sa trésorerie.
Mon conseil expert : sur Amazon, la franchise ne vous rend pas moins cher. Les prix sur la marketplace sont affichés TTC, et le marché fixe le niveau. Que vous soyez en franchise ou à la TVA, l'acheteur paie le même prix : la franchise ne baisse pas votre étiquette, elle vous prive juste de la récupération de TVA. Pour un vendeur qui achète et importe beaucoup, calculer la rentabilité réelle de votre boutique Amazon montre souvent que le réel est plus favorable que la micro en franchise.
C'est pourquoi certains vendeurs choisissent de renoncer volontairement à la franchise avant même d'atteindre le seuil, pour récupérer la TVA sur leur import et leurs frais plus tôt. Ce n'est pas un réflexe universel : un prestataire de services avec peu d'achats n'a aucun intérêt à le faire. Mais le profil du vendeur Amazon, beaucoup d'achats, de la TVA d'import, de grosses commissions, coche presque toutes les cases du gain.
| La TVA est plutôt un avantage si… | La TVA pèse si… |
|---|---|
| vous vendez des produits physiques avec beaucoup d'achats de stock | vous êtes prestataire de services avec peu d'achats |
| vous importez et payez de la TVA à l'import | vous vendez à 100 % à des particuliers très sensibles au prix |
| vous avez de grosses dépenses de publicité et de logistique | votre activité a très peu de frais déductibles |
Si vous stockez ou vendez à l'étranger, les seuils français ne vous protègent pas
Le seuil de franchise de 85 000 € est franco-français : dès que vous stockez ou vendez à l'étranger, d'autres obligations de TVA se déclenchent, parfois sans aucun seuil. C'est l'angle mort le plus dangereux pour un vendeur Amazon qui grandit.
Trois portes s'ouvrent bien avant vos 85 000 € nationaux :
- Les ventes à distance vers d'autres pays de l'Union. Dès que vos ventes à des particuliers dans les autres pays de l'Union dépassent 10 000 € par an, tous pays cumulés, vous devez appliquer la TVA du pays de vos clients et la déclarer via le guichet unique One-Stop Shop (OSS). Ce seuil est global : 4 000 € en Belgique, 4 000 € en Allemagne et 3 000 € en Espagne, cela fait 11 000 €, donc le seuil est franchi.
- Le stock à l'étranger. Si Amazon place votre stock dans un entrepôt allemand, polonais ou tchèque (programme Pan-EU), vous devez vous immatriculer à la TVA dans chacun de ces pays, sans aucun seuil, dès le premier carton stocké.
- L'importation. Avant même votre première commande hors Union, vous avez besoin d'un numéro de TVA intracommunautaire français, car la TVA d'importation s'autoliquide obligatoirement sur votre déclaration.
Karim illustre parfaitement le piège. Il crée sa société en mars, vend en FBA, et reste en franchise « pour faire simple ». Dès avril, il importe 15 000 € de stock de Chine : il lui faut déjà un numéro de TVA français. Trois mois plus tard, il active le Pan-EU, avec du stock en Allemagne, en Pologne et en République tchèque, soit trois immatriculations locales. À la rentrée, ses ventes vers l'Union cumulées dépassent 10 000 € : inscription à l'OSS. Bilan : à 25 000 € de chiffre d'affaires, moins d'un tiers du seuil de franchise français, Karim a déjà quatre obligations de TVA à gérer.
Point de vigilance : « Amazon gère ma TVA à ma place » est presque toujours faux. Amazon ne collecte la TVA que dans deux cas précis (certaines importations de faible valeur, et les vendeurs établis hors Union). Un vendeur français avec du stock en Europe reste seul responsable de sa TVA. Croire l'inverse mène à deux erreurs symétriques : ne rien déclarer en pensant qu'Amazon s'en charge, ou déclarer une TVA qu'Amazon a déjà reversée et la payer deux fois. Pour cadrer vos obligations, partez de la TVA sur vos ventes Amazon.
Un point à ne pas confondre : il existe un régime européen de franchise transfrontalière ouvert aux petites entreprises jusqu'à 100 000 € de chiffre d'affaires dans l'Union. Mais il est exclu dès que vous êtes inscrit à l'OSS ou à l'IOSS. Pour le vendeur Amazon typique, qui bascule à l'OSS à 10 000 €, ce régime ne joue pas : ne comptez pas dessus pour rester en franchise à l'étranger.
Que faire concrètement quand vous approchez d'un seuil
Le bon réflexe tient en trois gestes : suivre son chiffre d'affaires cumulé, repérer le bon seuil, anticiper l'immatriculation. C'est simple, mais il faut le tenir chaque mois.
- Suivez votre chiffre d'affaires cumulé chaque mois, séparément pour les marchandises et pour les services si vous avez les deux. Un tableau suffit, mais il doit être à jour.
- Repérez le seuil qui vous concerne en premier. Pour un vendeur de produits, c'est le seuil de TVA marchandises (85 000 €, puis 93 500 €), pas le plafond micro.
- Anticipez votre immatriculation à la TVA dès que vous approchez. Mieux vaut activer votre numéro un mois trop tôt qu'un jour trop tard, puisque le seuil majoré ne laisse aucun délai.
Côté Amazon, la vérification est concrète. Dans Seller Central, exportez votre rapport de transactions et faites la somme de vos ventes cumulées depuis le 1er janvier, hors taxes. Ajoutez vos ventes réalisées sur vos autres canaux : c'est le chiffre d'affaires total de l'entreprise qui compte, pas celui d'une seule plateforme. Pour l'OSS, sortez votre rapport de ventes par pays et additionnez vos ventes aux particuliers des autres pays de l'Union.
Mon conseil expert : posez vos alertes en amont des seuils. Sur le terrain, je conseille de déclencher la démarche d'immatriculation à la TVA dès 75 000 € de ventes en marchandises, et de préparer l'inscription à l'OSS dès 8 000 € de ventes cumulées vers l'Union. Ces marges de sécurité vous laissent le temps d'obtenir vos numéros, qui prennent de quelques jours à plusieurs semaines, avant que la TVA ne soit due.
Facturer avec ou sans TVA : la mention obligatoire
Tant que vous êtes en franchise, vos factures ne portent pas de TVA, mais elles doivent porter une mention légale précise. Ne mettez jamais « TVA 0 % », qui est faux.
La mention à faire figurer est aujourd'hui « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Attention, cette référence évolue : avec la recodification des règles de TVA dans le nouveau Code des impositions sur les biens et services (CIBS), la mention deviendra « TVA non applicable, article L. 233-3 du CIBS » au 1er janvier 2027, l'ancienne référence restant tolérée pendant une période transitoire. Vérifiez la formulation en vigueur au moment où vous éditez vos factures.
Non, le seuil ne passe pas à 25 000 € (ni à 15 000 €)
Le projet de seuil unique de franchise de TVA à 25 000 € a été définitivement abandonné. Si une source vous annonce ce chiffre comme applicable, elle est fausse.
Ce seuil unique avait été annoncé dans la loi de finances pour 2025, puis suspendu. Il a été définitivement enterré par la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025. Une nouvelle tentative d'abaisser le seuil à 37 500 € pour tous, dans le débat sur la loi de finances 2026, a elle aussi été rejetée par le Parlement. Le statu quo s'applique donc : les seuils de franchise restent 85 000 € et 93 500 € en marchandises, 37 500 € et 41 250 € en services.
Même mise au point pour la rumeur d'un « seuil OSS à 15 000 € » ou d'un « OSS+ » : aucune source officielle ne la confirme. Le seuil des ventes à distance dans l'Union reste 10 000 €. Cette confusion vient probablement du régime européen de franchise transfrontalière évoqué plus haut, dont le plafond de 100 000 € n'a rien à voir avec l'OSS.
Micro ou société : quand les seuils rendent la question urgente
Franchir le seuil de TVA n'oblige pas à changer de statut, mais c'est souvent le bon moment pour se poser la question micro contre société. Plusieurs signaux convergent au même endroit.
Trois signaux doivent déclencher l'arbitrage. D'abord, quand vos charges réelles dépassent largement l'abattement de 29 % que le fisc vous accorde en marchandises : vous payez alors de l'impôt sur un bénéfice que vous ne réalisez pas. Ensuite, quand vous importez et que la TVA non récupérable pèse sur votre trésorerie. Enfin, quand vous approchez du plafond micro et qu'une sortie se profile. Dans ces cas, le passage à une société à l'impôt sur les sociétés, où vous êtes imposé sur votre bénéfice réel et récupérez la TVA, redevient pertinent.
Si vous vendez déjà sur la marketplace, le point de départ concret est notre article dédié : vendre sur Amazon en micro-entreprise détaille les atouts et les limites du statut pour ce cas précis. Le passage à la société, lui, se prépare : il ne s'improvise pas au milieu d'un pic de ventes.
Faites le point avant de franchir le seuil
Chez Eurofiscalis, nous surveillons votre chiffre d'affaires avec vous, nous préparons votre immatriculation à la TVA en amont, et nous basculons votre facturation au bon moment, sans rupture ni régularisation douloureuse. Que vous vous demandiez à quel seuil vous êtes exposé, ou s'il vaut mieux opter pour la TVA dès maintenant, l'arbitrage se fait mieux avant le dépassement qu'après.
Questions fréquentes
Est-ce que dépasser 85 000 € de ventes me fait sortir de la micro-entreprise ?
Non. 85 000 €, c'est le seuil de franchise de TVA, pas le plafond du régime micro. Vous devenez redevable de la TVA, mais vous restez micro-entrepreneur. Vous ne quittez la micro qu'en dépassant 203 100 € en marchandises pendant deux années civiles consécutives.
Peut-on être en micro-entreprise et facturer la TVA en même temps ?
Oui. La micro-entreprise est un régime fiscal et social, la franchise en base est un régime de TVA : ce sont deux choses distinctes. Un micro-entrepreneur redevable de la TVA garde son abattement et ses cotisations simplifiées, et facture la TVA en plus.
Le seuil de franchise de TVA passe-t-il à 25 000 € en 2026 ?
Non. Cette réforme a été abandonnée par la loi du 3 novembre 2025, et une tentative ultérieure à 37 500 € a été rejetée. Les seuils restent 85 000 € et 93 500 € en marchandises, 37 500 € et 41 250 € en services.
Un vendeur Amazon qui importe doit-il facturer la TVA même en dessous des seuils ?
Souvent, oui. Avant d'importer hors Union, il lui faut déjà un numéro de TVA intracommunautaire. Et s'il stocke à l'étranger via le Pan-EU, il doit s'immatriculer localement sans seuil. Les 85 000 € français ne le protègent pas de ces obligations.
Passer à la TVA, est-ce vraiment un désavantage pour un vendeur de produits ?
Pas forcément, souvent l'inverse. Au régime réel, vous récupérez la TVA sur votre stock, votre import et vos frais Amazon. Pour un vendeur avec beaucoup d'achats, ce gain dépasse largement l'inconvénient de facturer la TVA. C'est un point clé de l'arbitrage micro ou société pour vendre sur Amazon.
Comment sont calculés mes seuils si je vends sur plusieurs marketplaces ?
Vous additionnez la totalité de votre chiffre d'affaires, tous canaux confondus. Amazon, votre site propre, eBay ou une autre marketplace comptent ensemble. C'est le chiffre d'affaires total de l'entreprise qui est comparé aux seuils, jamais celui d'une seule plateforme.
Quand faut-il envisager de passer de la micro à la société ?
Quand vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire, quand la TVA d'import non récupérée pèse sur votre trésorerie, ou quand vous approchez du plafond micro. Ces trois signaux indiquent qu'il est temps de préparer le passage de la micro à la société, où le régime réel redevient plus favorable.
Pays concernés